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[Pratiques et outils] 5 conseils pour développer un escape game dans sa structure

Compte rendu de la Rencontre pro du 24 septembre 2019 à la Cité des sciences et de l’industrie : Escape games culturels, patrimoniaux, éducatifs : quels objectifs et quels résultats ? par Noëmie Lozac’h-Vilain, coordinatrice de l’Ecole de la médiation.

De ces échanges sont ressortis 5 conseils pour développer un escape game dans son institution :

  1. participante à la rencontre escape game pédagogique

    © Ecole de la médiation

    Définissez clairement vos objectifs

Pourquoi faire cet escape game (EG) dans ce lieu pour ce public ? Avec quoi les joueur·euses ressortent ? Qu’ont-ils vécu, appris ? Ce n’est qu’après avoir éclairci ces questions que vous pourrez faire des choix éclairés en conscience. L’escape n’est qu’un outil pour arriver à vos objectifs.

Et peut-être vous rendrez vous compte que ce n’est pas la meilleure réponse. Et que pour arriver à vos fins, un autre format est plus légitime. Un jeu de piste, par exemple…

  1. Prenez le temps

Développer un EG est chronophage et itératif. Plusieurs mois sont nécessaires pour définir au mieux ses objectifs, travailler la mécanique du jeu, et tester ! Tester encore et encore votre jeu, en variant les publics, la jauge, les maître·sses de jeu…

  1. Pensez aux joueur·euses et aux non joueur·euses

Votre jeu pourra s’adresser autant à des habitué·es des EG récréatifs, connaissant par cœur la logique, qu’à des personnes y jouant pour la première fois.

Une personne qui joue ne résout jamais la totalité des énigmes. Organisez vos énigmes de manière à disposer de plusieurs niveaux de difficultés.

Pour les novices des EG, l’absence de consigne explicite peut être difficile. Ne négligez pas la phase de fouille qui leur permettra de s’impliquer également dans le jeu. Démarrez le jeu par une phase de fouille et une énigme très simple pour permettre un temps d’appropriation des règles du jeu d’évasion.

  1. Soignez votre debriefing

Le debriefing est essentiel pour faire le point sur ce qui s’est passé, dédramatiser un éventuel échec et apporter du contenu.

Tout d’abord, félicitez-les, même s’ils n’ont pas été bons. Demandez-leur de partager leur expérience, ce qu’ils·elles ont ressenti. Expliquez-leur ce qu’il s’est passé, ce qu’ils·elles n’ont pas vu, ce qui leur était demandé.

Ce n’est que quand l’émotion du jeu est un peu retombée, que vous pouvez passer à la deuxième phase. Proposez des liens entre la crise à résoudre, la mécanique de jeu, le contenu des énigmes et les concepts que vous souhaitez aborder.

  1. Interrogez la posture des médiateur·rices / maître·sses du jeu

Quelle posture prendre, quand on est médiateur ou médiatrice et qu’on doit animer le jeu, notamment en étant présent.e dans la salle ? Est-on un personnage du jeu qui découvre les énigmes en même temps que les joueur·euses ? Ou est-on omniscient.e ? Comment expliquer dans l’histoire qu’on laisse les joueur·euses en difficulté en connaissant la réponse ?

Pour permettre la collaboration entre les joueur·euses, il faut leur laisser une autonomie, et ne pas être trop présent.e dans l’activité. On devra trouver le juste équilibre dans le niveau de difficulté, ne donner les indices qu’avec parcimonie, s’effacer pour laisser le jeu prendre le dessus. On se positionne alors comme la personne qui donne des indices mais pas la réponse. Si le rôle n’est pas facile à incarner, il est possible de mettre en scène les conditions de l’accompagnement, par exemple en monnayant les indices.